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Date de création : 01.01.2019
Dernière mise à jour :
08.01.2026
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Après le retour à Nazareth, le Seigneur éprouve la très pure Marie par une certaine sévérité et par une espèce d'absence. But de cette épreuve.

712. Jésus, Marie et Joseph arrivèrent enfin à Nazareth, où leur pauvre maison fut changée en un nouveau ciel. Et si j'étais obligée de raconter les mystères qui se passèrent entre l'Enfant Dieu et la très pure Mère, jusqu'à ce qu'il eut achevé la douzième année de son âge et commencé à prêcher au peuple, il me faudrait faire plusieurs livres, et encore cela ne me permettrait il de dire que fort peu de chose, à cause de la grandeur ineffable de l'objet et de la bassesse d'une femme ignorante telle que je suis. J'entrerai néanmoins dans quelques détails, selon la lumière que j'ai reçue de cette grande Dame, passant toujours sous silence les choses les plus sublimes, parce qu'il n'est ni possible ni convenable de traiter toutes les vérités en ce monde, la connaissance en étant réservée pour Celui que nous attendons.
713. Quelques jours après leur retour à Nazareth, le Seigneur détermina d'exercer sa très sainte Mère en la manière dont il l'avait exercée lorsqu'elle était dans son enfance (comme je l'ai marqué au second livre de la première partie, chap. XXVII), quoiqu'elle fût dans cette présente occasion plus forte dans la pratique de l'amour et dans la plénitude de la sagesse. Mais comme le pouvoir de Dieu est infini, et le cercle de son divin amour immense, et que la capacité de notre Reine surpassait celle de toutes les créatures, ce même Seigneur résolut de l'élever à un plus haut état de sainteté et de mérite. Et il voulut par là, comme un véritable Maître spirituel, former une disciple si sage et si excellente, qu'elle fût ensuite une Maîtresse consommée et un exemplaire vivant de la doctrine de son Maître, comme elle le fut après l'ascension de son Fils, notre Seigneur, ainsi que je le dirai dans la troisième partie. Il était aussi convenable et même nécessaire pour l'honneur de notre Rédempteur Jésus-Christ, que sa doctrine évangélique, par laquelle et en laquelle il devait fonder cette nouvelle loi de grâce, si sainte, qu'on n'y peut trouver ni tache ni ride, prouvât aussitôt son efficace et sa vertu par la formation d'une simple créature en qui elle produisit ses effets dans une plénitude vraiment adéquate, et que toute la perfection possible fût donnée à cette créature, afin que ses semblables d'un rang inférieur pussent se modeler sur elle. Et il était raisonnable que cette créature fût la très pure Marie, comme étant la Mère et la plus proche du Maître de la sainteté.
714. Le Très-Haut détermina que notre divine Dame fût la première disciple de son école et l'aînée de la nouvelle loi de grâce, la parfaite image de son idée, et la matière choisie sur laquelle le sceau de sa doctrine et de sa sainteté serait imprimé comme sur une cire molle, afin que le Fils et la Mère fussent les deux tables véritables de la nouvelle loi qu'il venait enseigner au monde. Et afin d'atteindre cette très sublime fin que la sagesse divine s'était proposée, le Seigneur découvrit à l'auguste Marie tous les mystères de la loi évangélique et de sa doctrine, et s'en entretint avec elle à leur retour d'Egypte, jusqu'à ce qu'il commençât à prêcher, comme nous le verrons plus loin. Le Verbe incarné et sa très sainte Mère s'occupèrent en ces profonds mystères l'espace de vingt-trois ans qu'ils demeurèrent à Nazareth, avant que le temps de la prédication de notre adorable Sauveur fût arrivé. Et c'est parce que tout cela regardait la divine Mère (dont les évangélistes n'ont point écrit la vie) qu'ils n'en ont fait aucune mention, excepté de ce qui arriva lors de la douzième année de l'Enfant Jésus, quand à Jérusalem il s'écarta de ses parents, comme le raconte saint Luc, et ainsi que je le dirai en son lieu. Pendant ce temps-là, l'auguste Marie fut la seule disciple de son adorable Fils. Et outre les dons ineffables de sainteté et de grâce qu'il lui avait communiqués jusqu'alors, il lui donna une nouvelle lumière, et la fit participante de sa science divine, déposant en elle et gravant dans son cœur toute la loi de grâce, et la doctrine qu'il devait enseigner dans son Eglise évangélique, jusqu'à la fin du monde. Et cela se fit d'une manière si relevée, qu'il n'est pas possible de l'exprimer par des termes humains; mais notre grande Dame en devint si savante, qu'elle aurait pu éclairer par son enseignement plusieurs mondes, s'ils eussent été crées.
715. Or le Seigneur voulant élever au-dessus de tout ce qui n'était pas Dieu cet édifice dans le cœur de sa très sainte Mère, en jeta les fondements en éprouvant la force de son amour et de ses autres vertus. C'est pourquoi il lui fit ressentir intérieurement ses absences, en la privant de sa vue habituelle, qui la remplissait d'une joie inaltérable et d'une consolation céleste qui répondait à ce bienfait. Je ne veux pas dire par là que le Seigneur l'abandonnât; mais qu'étant avec elle et en elle d'une manière mystérieuse et par une grâce ineffable, il lui cacha sa présence et lui suspendit les très doux effets qui en découlaient; notre auguste Princesse ignorait la cause aussi bien que le mode de ce changement, parce que sa Majesté ne lui découvrit point ses desseins. En outre, l'Enfant Dieu, sans rien lui faire connaître, se montra plus sérieux qu'à l'ordinaire, et se trouvait corporellement moins souvent avec elle, car il se retirait à chaque instant, et ne lui adressait plus que quelques paroles, et encore était ce avec un air imposant et d'un ton impérieux. Mais une chose plus affligeante pour elle, ce fut l'éclipse de ce soleil qui se reflétait auparavant dans sa très sainte humanité, comme dans un miroir de cristal, où elle voyait ordinairement les opérations de son âme très pure; de sorte qu'elle ne pouvait plus les considérer pour tâcher de copier cette image vivante, comme elle l'avait fait jusque-là.
716. Cette épreuve inattendue fut le creuset où l'or très pur du saint amour de notre grande Reine reçut un nouveau lustre et un nouveau prix. Car d'abord, surprise de ce qui lui était arrivé, elle eut aussitôt recours à l'humble estime qu'elle avait d'elle même, et se croyant indigne de la vue du Seigneur qui venait de lui cacher sa présence, elle attribua le tout à son ingratitude, et à ce qu'elle n'avait pas donné au Père des miséricordes le retour qu'elle lui devait pour les bienfaits qu'elle avait reçus de sa main très libérale. Notre très prudente Reine ne s'affligeait point de ce que les douces consolations et les caresses ordinaires du Seigneur lui manquassent; mais la crainte qu'elle avait de lui avoir déplu, ou d'avoir négligé son service et méconnu en quelque chose son bon plaisir, lui perçait l'âme de douleur. Un amour aussi véritable et aussi noble que le sien ne pouvait avoir d'autres sentiments; car il ne s'emploie qu'à l'objet qu'il aime; et il ne sait goûter aucun repos, lorsqu'il ne le croit pas satisfait, parce qu'il ne trouve de consolation que dans le contentement de son bien-aimé. Ces amoureuses angoisses de la divine Mère étaient fort agréables à son très saint Fils, parce qu'elles renouvelaient son amour, et les tendres affections de son Unique et de son Elue lui pénétraient le cœur. Mais quand sa très douce Mère le cherchait et voulait lui parler, il feignait par une amoureuse adresse de paraître toujours sérieux et réservé; et par cette rigueur mystérieuse, le feu du très chaste cœur de la Mère élevait ses flammes comme la fournaise dans laquelle on jette quelques gouttes d'eau.
717. L'innocente colombe faisait des actes héroïques de toutes les vertus; elle s'humiliait jusqu'à l'anéantissement, elle honorait son très saint Fils par de profondes adorations, elle bénissait le Père éternel, et lui rendait des actions de grâces pour ses œuvres et pour ses bienfaits admirables; se conformant à son bon plaisir divin, elle cherchait sa volonté sainte et parfaite pour l'accomplir en tout; elle s'enflammait d'amour, de foi, d'espérance: de sorte que de toutes ses œuvres s'exhalaient des parfums dont respirait la délicieuse odeur le Roi des rois, qui reposait dans le cœur de cette très sainte Vierge, comme dans sa couche fleurie et odoriférante. Elle persévérait dans une oraison continuelle avec des larmes, des gémissements et des soupirs redoublés, qui partaient du plus intime de son cœur; elle répandait sa prière en la présence du Seigneur, exposait son affliction à sa divine clémence, et ne cessait de lui adresser des plaintes remplies d'une incomparable douceur et d'une douleur amoureuse.
718. "Créateur de l'univers, disait-elle, Dieu éternel et puissant, infini en sagesse et en bonté, incompréhensible en votre être et en vos perfections, je sais, mon souverain bien, que mes gémissements ne sont point cachés à votre sagesse, et que vous connaissez la blessure de mon cœur. Si j'ai manqué, comme une servante inutile, à votre service et à votre bon plaisir, pourquoi, vie de mon âme, ne me châtiez-vous pas par toutes les peines de la vie mortelle en laquelle je me trouve, plutôt que de me condamner à voir la sévérité de votre face, que mérite celui qui vous a offensé? Toutes les douleurs me seraient indifférentes, mais je ne saurais me résigner à l'idée de vous voir irrité; parce que vous seul, Seigneur, êtes ma vie, mon bien, ma gloire et mon trésor. Rien de tout ce que vous avez créé ne touche mon cœur, et les images sensibles ne sont entrées dans mon âme que pour me faire glorifier votre grandeur, et vous reconnaître comme le Maître et le Créateur de toutes choses. Or que ferai-je, mon unique bien, si je suis privée de la lumière de mes yeux, de la fin de mes désirs, du guide de mon pèlerinage, de la vie que me donne l'être, et de tout l'être qui me nourrit et me donne la vie? Qui donnera une source de larmes à mes yeux, afin que je pleure de n'avoir pas profité de tant de bien que j'ai reçus, et d'avoir été si ingrate dans le retour que je devais? O ma divine lumière, ma voie, mon guide et mon Maître, qui par la perfection et l'excellence suréminente de vos œuvres, souteniez ma faiblesse et excitiez ma lâcheté; si vous me cachez cet exemplaire, comment conformerai-je ma vie à votre bon plaisir? Qui m'éclairera dans la nuit de ce bannissement? Que ferai-je? à qui aurai-je recours, si vous m'éloignez de votre protection?
719. Notre auguste Reine ne se trouvait pourtant pas soulagée par toutes ces tendres affections; mais soupirant, comme un cerf blessé, après les très pures fontaines de la grâce, elle s'adressait aussi à ses saints anges, et dans les longs entretiens qu'elle avait avec eux, elle leur disait: "Princes célestes, favoris et amis intimes du souverain Roi, et mes gardes fidèles, au nom de la félicité inamissible que vous avez de voir toujours sa divine face dans la lumière inaccessible, je vous prie de me dire, en cas qu'il soit irrité, le sujet de sa colère. Intercédez aussi pour moi en son adorable présence, afin qu'il me pardonne, si par malheur je l'ai offensé. Représentez-lui, mes amis, que je ne suis que poussière, quoique formée de ses mains et marquée de son image; qu'il n'oublie pas pour toujours cette pauvre affligée, qui le glorifie et le loue avec humilité. Priez-le de calmer ma crainte, et d'animer la vie que je n'ai que pour l'aimer. Dites-moi par quels moyens je pourrai lui plaire, et mériter la joie de sa divine face?
Notre Reine et Maîtresse, lui répondirent les anges, votre coeur est assez fort pour ne point se laisser vaincre à la tribulation, et vous savez mieux que nous combien le Seigneur est proche de celui qui est affligé et qui l'appelle dans ses besoins. Il est sans doute attentif à vos souhaits, et ne méprise point vos plaintes amoureuses. Vous ne trouverez jamais en lui que le meilleur des Pères, et votre enfant unique se montrera toujours le plus tendre des fils à la vue de vos larmes.
Serait-ce une témérité, répliquait la plus aimante des mères, de me présenter devant lui? Commettrais-je un excès d'audace en me prosternant pour lui demander pardon, si j'ai été assez malheureuse que de lui déplaire? Que ferai-je? Quel remède trouverai-je dans mes peines?
Notre Roi, lui répondaient les princes célestes, ne rebute point un cœur humilié; il le regarde avec complaisance, et il ne rejette jamais les soupirs de celui qui aime, ni les oeuvres qu'il fait avec amour.
720. Les saints anges consolaient quelque peu leur Reine par ces réponses, dans lesquelles ils lui déclaraient en termes généraux l'amour du Tout-Puissant et la complaisance singulière avec laquelle il écoutait ses douces plaintes. Ils ne s'expliquaient pas davantage, parce que ce même Seigneur y voulait prendre ses délices. Et quoique son très saint Fils, par l'amour naturel qu'il portait à une telle Mère comme homme véritable, s'attendrit plusieurs fois de la voir si affligée, il cachait néanmoins cette compassion sous un sérieux apparent. Il arrivait parfois que quand la très amoureuse Mère qui l'appelait à table, il ne bougeait pas, ou bien il y allait sans la regarder et sans lui dire un seul mot. Alors notre grande Reine versait beaucoup de larmes et représentait à son aimable Fils les amoureuses peines de son coeur, et elle s'exprimait, elle se comportait dans des cas pareils avec tant de modération, de prudence et de sagesse, que si par impossible Dieu était susceptible d'un sentiment d'admiration, il l'aurait éprouvé en voyant chez une simple créature une si grande plénitude de sainteté et de perfection. Mais l'Enfant Jésus, en tant qu'homme, ressentait une joie particulière à la vue des effets merveilleux que l'amour divin et la grâce produisaient en sa Mère Vierge. Et les saints anges lui donnaient une nouvelle gloire et lui offraient des cantiques de louanges pour ce prodige inouï de vertu.
721. La tendre et prévoyante Mère avait préparé pour l'Enfant Jésus une estrade que le patriarche saint Joseph avait faite, et elle n'y mit qu'une simple couverture: car depuis que cet adorable Enfant fut sorti du berceau, lorsqu'ils étaient en Egypte, il ne voulut point avoir de couche ni d'autres literies. Et encore ne s'y étendait-il pas et ne s'en servait-il pas toujours; assez souvent il s'asseyait sur le bois nu, ne faisant que s'appuyer sur un pauvre coussin de laine, qu'avait arrangé notre Dame elle-même. Et quand elle voulut lui proposer de prendre un lit plus commode, le saint Enfant lui répondit qu'il ne devait se coucher et s'étendre que sur le lit de la croix, pour enseigner au monde par son exemple qu'on ne doit pas passer au repos éternel par celui que les habitants de Babylone aiment, et que pendant la vie mortelle la souffrance est un délice. Dès lors notre divine Dame prit un soin tout particulier de l'imiter en cette manière de se reposer. Quand le moment de se retirer était venu, la Maîtresse céleste de l'humilité avait coutume de se prosterner devant son très saint Fils, qui se tenait sur son estrade, et de lui demander chaque soir pardon de ne l'avoir pas mieux servi dans le cours de la journée, et de n'avoir pas répondu à ses bienfaits par assez de reconnaissance. Elle lui rendait de nouvelles actions de grâces pour toutes ses faveurs, et confessait, en versant des larmes abondantes, qu'il était véritablement le Dieu rédempteur du monde; et elle ne se relevait point que son Fils ne lui eût commandé et donné en même temps sa bénédiction. Elle pratiquait la même chose tous les matins, afin que le divin Maître lui ordonnât ce qu'elle devait faire pour son service pendant tout le jour; et le divin Maître se prêtait aux désirs de sa Mère avec la plus tendre complaisance.
722. Mais à l'époque de cette épreuve il tint une toute autre conduite. Lorsque sa très innocente Mère l'abordait pour l'adorer, selon sa coutume, redoublant ses larmes et ses soupirs, il ne lui répondait pas un seul mot, il ne l'écoutait que d'un air sévère, et lui commandait ensuite de se retirer. On ne saurait dire quelles impressions causait dans le très candide coeur de l'amoureuse Mère de voir son fils Fils Dieu et homme si changé en ses manières, si graves, si taciturne, et si différent dans tout son extérieur de ce qu'il était autrefois à son égard. Notre divine Dame examinait son intérieur, observait l'ordre de ses actions, pesait leurs qualités, leurs circonstances, et appliquait toute son attention et toute sa mémoire à cette revue de son âme et de ses puissances: et quoiqu'elle n'y pût remarquer la moindre obscurité, parce que tout y était lumière, sainteté, pureté et grâce, néanmoins, comme elle savait que ni les cieux ni les étoiles ne sont purs aux yeux de Dieu, suivant l'expression de Job, et qu'il trouve de quoi reprendre dans les esprits les plus angéliques, notre grande Reine craignait que le Seigneur ne découvrit en elle quelque défaut qu'elle n'apercevait point. Et dans cette crainte, elle tombait dans des défaillances d'amour, d'un amour fort comme la mort, qui, quoique inspiré par la plus haute sagesse, fait souffrir à l'âme, dans ces accès de sainte jalousie, des tourments indicibles. Notre auguste Princesse passa plusieurs jours dans ce rude exercice, où son très saint Fils l'éprouva avec une satisfaction ineffable, et l'éleva à un état qui la rendit Maîtresse universelle des créatures, pour la récompenser de la fidélité et de la tendresse de son amour par un surcroît de grâces plus abondantes que celles dont elle était déjà comblée. Il arriva ensuite ce que je dirai dans le chapitre suivant.
SOURCE: LA CITE MYSTIQUE DE DIEU, DE MARIA D'AGREDA.